Clé de détermination des Champignons macroscopiques visibles dans une officine du Nord Pas-de-Calais

Le pharmacien se trouve au cœur de notre système de santé. Il joue un rôle important en matière de santé publique au travers de la prévention, de la délivrance du médicament et de l’éducation à la santé

Quotidiennement, des personnes viennent à l’officine pour y chercher conseils et renseignements. Et c’est ainsi que, l’automne arrivé, il n’est pas rare de voir des personnes apporter fièrement à leur pharmacien des paniers remplis de champignons afin que celui-ci puisse les identifier.

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Cependant, les multiples facettes du métier, l’évolution continuelle de la profession et les études se faisant (pour certains…) de plus en plus lointaines, font que bon nombre de pharmaciens accueillent avec angoisse ces paniers de champignons…

C’est dans cette optique qu’a été réalisée cette thèse : elle se veut un outil directement utilisable à l’officine, simple d’utilisation et recensant les espèces les plus courantes de la région, afin de satisfaire au mieux la demande du client et d’éviter, par la même occasion, d’éventuelles intoxications.

De la cueillette à la détermination

 

Tout le monde croit connaître les champignons : des végétaux éphémères, naissant n’importe où au gré de leur fantaisie, et poussant en une nuit après la pluie… La réalité est bien plus complexe !

On a l’habitude de répartir les êtres vivants en deux règnes classiques : le règne animal et le règne végétal. Cependant, les champignons se distinguent du règne végétal du fait qu’ils sont dépourvus de chlorophylle et qu’ils sont incapables de vivre isolément sur le sol (ils sont dépendants d’autres organismes). Les champignons appartiennent donc à un règne à part, le règne des Fungi.

Les champignons se présentent au récolteur sous des formes très diverses, qui sont en fait le sporophore d’un champignon, dont l’appareil végétatif (ou mycélium) est souterrain. Imaginez un poirier entièrement souterrain dont seule les poires dépasseraient du sol. En cueillant le champignon, vous cueillez la poire, en ignorant « l’arbre » (le mycélium) qui l’a produite. 

Les champignons apparaissent souvent aux mêmes endroits, car le mycélium s’est ancré à ce niveau et produit chaque année ses sporophores. Quand les champignons sont absents à la surface, le mycélium est toujours là, invisible mais bien vivant. 

Tout comme planter une poire ne fera jamais pousser un poirier, planter un pied de champignon ne donnera pas naissance à un champignon supplémentaire. On pourra tout au plus espérer que les spores du champignon laissé en place donneront un nouveau mycélium, mais il faudrait alors qu’il rencontre un autre mycélium de « sexe » différent. Ce qui n’est pas évident.

Pour déterminer un champignon: apprenez à observer les caractères macroscopiques suivant:

 

1) PRESENTATION D’UN CHAMPIGNON

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2) Légende Utilisée

Divers signes apparaissent ; voici leur signification :

  • champignon d’excellente comestibilité JJ
  • bon J
  • sans intérêt culinaire K        
  • champignon non comestible L      
  • toxique voire mortel  N
  • à noter  !
  • ® rappel (c’est-à-dire que le champignon a déjà été cité)

Voici en détails les éléments macroscopiques essentiels observables :

1) LAMES

Insertion des lames
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Densité
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Lamellules
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2) CHAPEAU

Formes
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Surfaces
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3) TEXTURE DE LA CHAIR
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4) Voile Partiel : L’ANNEAU
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5) Voile Général : LA VOLVE
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6) VOILE GENERAL : LA CORTINE
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7) LES Différentes Silhouettes
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8) TECHNIQUES D’OBSERVATION DE LA SPORE

1) La méthode dite « de laboratoire »

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Déposer un chapeau coupé au ras du pied sur un papier en chambre humide (ou non coupé avec le pied trempant dans l’eau)

Observer le lendemain les rayons +/- colorés, correspondants à la nuance exacte de la sporée sur le papier

2) L’observation approximative sur le terrain

Pour les champignons cespiteux : observer la couleur des spores déposées sur les chapeaux inférieurs

Sinon, on peut observer la partie supérieure du pied, ou les aspérités du stipe (anneau, cortine, squames) sur lesquelles se déposent les spores

On peut également observer les lames elles-mêmes à la loupe : une poussière blanche ou colorée sur la tranche des lames peut être observée, mais à condition que celle-ci soit de couleur différente du fond.

En dernier recours, on peut conclure que la sporée est de même couleur que les lames. Mais cette technique est à l’origine d’un grand nombre d’erreurs